Dans un monde professionnel en évolution permanente, les équipes multiculturelles ne sont plus une exception, elles dVous êtes DRH ou dirigeant(e) en France et vous collaborez avec des collègues italiens ?
Vous avez peut-être déjà vécu ces situations :
- Une réunion qui se termine sans décision claire.
- Un projet qui avance vite… mais pas forcément comme prévu.
- Un collaborateur qui improvise une solution efficace, mais hors cadre.
Dans un contexte professionnel, ces différences peuvent avoir un impact direct sur la collaboration, la prise de décision et la gestion des équipes.
Si vous vous demandez comment travailler avec des Italiens au quotidien, cet article vous offre des conseils concrets issus de situations réelles.
Ces différences ne sont pas des obstacles. Elles reflètent des codes culturels spécifiques. Les comprendre, c’est transformer la collaboration franco-italienne en levier de performance.
Caractéristiques du management italien
La hiérarchie incarnée
- En Italie: le manager est un repère, respecté pour son expérience sur le terrain (gavetta), et souvent perçu comme un mentor — voir aussi l’article France et Italie : comprendre les différences managériales.
- En France: la légitimité repose davantage sur la formation académique et la méthodologie.
- Pour vous, dirigeant français: adressez-vous d’abord au manager italien. C’est elle ou lui qui guide l’équipe.
L’expérience avant les titres
- En Italie: ce qui compte, c’est ce que l’on a construit et réalisé. Les diplômes prestigieux ont moins de valeur.
L’étude Valore D (2025) confirme que les managers italiens mettent en avant leurs parcours concrets, dans un pays dominé par les PME familiales (valored.it). - En France: le diplôme reste un critère central de légitimité et de progression.
- Pour vous, DRH français(e): valorisez la pratique et les réalisations de vos collègues italiens, pas seulement leurs titres.
Créativité et flexibilité
- En Italie: les collaborateurs respectent les règles, mais aiment les interpréter pour trouver des solutions créatives. Cette flexibilité est une force dans un contexte mouvant.
- En France: les process et la planification cadrent l’action.
- Pour vous, dirigeant français: fixez un cadre clair, mais laissez de l’espace à l’adaptation et à l’initiative.
Comprendre la culture italienne au travail, c’est aussi savoir que l’expérience de terrain prime souvent sur les diplômes prestigieux.
Conseils pratiques pour les dirigeants et DRH français
- Construire la confiance en dehors des réunions
Les moments informels (cafés, déjeuners) comptent autant que les réunions.
Selon le rapport Deloitte Human Capital Trends 2025, la relation humaine est au cœur de la performance en Italie (innovationpost.it).
Cas concret : Lors d’un projet de fusion entre une entreprise française et une filiale italienne, un DRH français s’étonnait que ses homologues italiens retardent systématiquement la validation des contrats. En réalité, l’équipe italienne considérait essentiel d’asseoir la confiance par plusieurs échanges informels avant d’apposer une signature. Une fois cette étape franchie, le projet a avancé rapidement et avec une forte cohésion. - “Lire l’air”
Un sourire ou un silence valent parfois plus qu’un “oui” ou un “non”. - Partager les nouvelles priorités
Les managers italiens s’impliquent dans la durabilité et l’inclusion (Green HRM, Wiley 2024) (onlinelibrary.wiley.com). - Allier données et humain
Les People Analytics se diffusent en Italie, mais un usage trop intrusif peut être perçu comme un manque de confiance (emerald.com, sciencedirect.com).
Gérer les différences culturelles au quotidien
- Hiérarchie
- France : légitimité par le savoir et la hauteur de vue
- Italie : légitimité par l’expérience et la décision.
- Communication
- France : débats directs mais plutôt implicites (codifiés), parfois conflictuels.
- Italie : harmonie et communication explicite mais moins directe, on cherche normalement à éviter les conflits ouverts, comme détaillé dans l’article La communication en Italie.
- Innovation
- France : planification et process.
- Italie : “improvisation” pragmatique (on dit l’art de l’improvisation)
Collaborer avec des collègues italiens implique d’accepter que l’innovation naît parfois de l’improvisation, là où un cadre français attend une planification stricte, comme l’explique la Comparaison des styles de management italien et français.
Une étude ScienceDirect (2024) montre que combiner rigueur française et créativité italienne favorise l’innovation organisationnelle (sciencedirect.com).
Conclusion : au-delà des modèles
Travailler avec des Italiens ne se résume évidemment pas à appliquer des règles générales. Chaque secteur, chaque entreprise, chaque équipe, chaque projet a ses propres dynamiques, façonnées par le métier, l’histoire de l’organisation, la personnalité des individus et la manière dont ils interagissent au quotidien. Le secteur de la mode a ses propres codes (travailler dans une assurance n’est pas comme travailler dans la métallurgie) ainsi que les entreprises (travailler chez Gucci n’est pas travailler chez Giorgio Armani) . Le contexte (où on se trouve, en France ou en Italie ou ailleurs ?) et la période sont aussi très importants ainsi que le rôle qu’on occupe dans la relation (nous sommes le siège/la filiale, les clients/prestataires, le junior/senior, le manager/managé…).
Les repères culturels offrent une grille de lecture utile, mais c’est l’observation fine des situations concrètes qui permet d’avoir une vision plus complète et d’avancer ensemble.
C’est précisément dans cet espace — entre tendances culturelles, logiques organisationnelles et réalités spécifiques — que l’accompagnement interculturel prend tout son sens : aider les équipes à décrypter leurs fonctionnements, à ajuster leurs pratiques et à construire des modes de coopération adaptés à leur contexte.
Selon Business France (2024), la France est le deuxième investisseur étranger en Italie, avec plus de 1 700 filiales françaises actives et plus de 250 000 emplois créés. Ces chiffres montrent que la compréhension mutuelle n’est pas seulement une question de “soft skills”, mais un véritable enjeu économique pour les entreprises françaises implantées en Italie.
Pour approfondir ces enjeux, la référence incontournable reste l’ouvrage de Cristina Cazorzi et Vincent Montenero: Bien communiquer, travailler et négocier avec vos interlocuteurs italiens (Cultura, entreprenariat et management interculturel).
Comment travailler efficacement avec des interlocuteurs italiens ?
Travailler avec des interlocuteurs italiens implique de comprendre certaines logiques culturelles qui influencent directement les échanges professionnels.
La relation, la flexibilité et le contexte jouent un rôle clé dans la communication et la prise de décision. Un cadre trop rigide peut être perçu comme un manque d’adaptation.
Adapter sa posture permet de créer une collaboration plus fluide, d’éviter des incompréhensions et de renforcer l’efficacité du travail au quotidien.
Erreurs fréquentes lorsqu’on travaille avec des Italiens
Certaines erreurs fréquentes peuvent freiner la collaboration entre équipes françaises et italiennes.
Par exemple, attendre des réponses immédiates et parfaitement structurées, ou négliger l’importance de la relation dans les échanges.
Ces écarts peuvent créer des tensions ou des incompréhensions, alors qu’ils relèvent souvent de différences culturelles.
Les identifier permet d’ajuster ses pratiques et de fluidifier la collaboration.
Aller plus loin dans la collaboration franco-italienne
Comprendre les différences culturelles est une première étape. Les intégrer concrètement dans un contexte professionnel en est une autre.
AI°FI met à disposition des ressources et organise des webinaires dédiés.
Accéder aux ressources et aux prochains webinaires.
Vous travaillez avec des partenaires italiens ? Vous managez une équipe binationale ? Vous préparez une implantation en Italie ?
👉Découvrir nos programmes pour les entreprises
FAQ – Travailler avec des Italiens : Conseils et stratégies
Quelles sont les principales caractéristiques du management italien?
Le management italien se distingue par une hiérarchie incarnée, la valorisation de l’expérience pratique et du terrain (gavetta), et une forte capacité d’adaptation
En quoi le management italien diffère-t-il du management français?
En France, la légitimité repose surtout sur le prestige des études supérieures et les méthodes. En Italie, elle s’appuie davantage sur l’expérience et la capacité à décider. Les compétences demandées ne sont donc pas les mêmes : hauteur de vue et capacité d’analyse d’un côté, expertise métier et capacité décisionnelle de l’autre.
Quels sont les défis les plus fréquents dans une collaboration franco-italienne?
Les différences de communication (moins explicite mais plus directe en France, plus explicite mais moins directe en Italie), la gestion du temps et la place accordée à l’improvisation peuvent créer des malentendus.
Comment un·e DRH français(e) peut-elle/il améliorer sa collaboration avec des équipes italiennes?
En construisant la confiance en dehors des réunions, en développant une lecture fine des signaux faibles, et en valorisant les parcours concrets des collaborateurs italiens.
Quels bénéfices une entreprise française peut-elle tirer d’une meilleure compréhension du management italien?
Une communication plus fluide, une meilleure cohésion dans les projets transfrontaliers et une capacité accrue à innover en combinant rigueur française et créativité italienne.
Pourquoi faire appel à un accompagnement interculturel?
Parce que chaque entreprise a ses spécificités. L’accompagnement permet d’adapter les repères culturels aux réalités de chaque équipe et de mettre en place des stratégies concrètes.
Pourquoi travailler avec des Italiens peut sembler déroutant?
Parce que la communication et la relation jouent un rôle central dans les échanges professionnels.
Comment améliorer la collaboration franco-italienne?
En adaptant sa communication, en développant la relation et en prenant en compte le contexte.
Quels sont les principaux défis ?
Les différences de communication, de rythme et de prise de décision.




